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ANTHROPOLOGIE SPIRITUELLE

19 septembre 2018
Anthropologie spirituelle
bientôt un nouveau cycle d’apprentissage


Annick de Souzenelle
, il y a maintenant huit ans, vous avez créé à Angers un Institut d’Anthropologie Spirituelle. A l’automne prochain vous lancez la 4ème promotion de cet institut.  Pouvez-vous nous dire comment est née cette école ?


Lorsqu’Agnès Desanges m’a proposé la création d’un institut d’Anthropologie Spirituelle, cela m’est apparu comme une évidence. C’était comme une réponse à une attente, un désir non-dit, une sorte de maturité sous-jacente qui s’était élaborée chez les personnes qui suivaient mon enseignement, qui manquaient de repères spirituels et ne trouvaient pas de réponse ni dans les églises ni ailleurs.  

L’anthropologie s’imposait, non coupée de la théologie, car elles sont indissociables. Il fallait reprendre les données théologiques essentielles, et contribuer à la naissance d’une anthropologie nouvelle.

J’ai eu une vision immédiate de la façon dont il fallait procéder : pour moi, il ne s’agissait pas de proposer un enseignement uniquement chrétien mais d’y adjoindre toutes les grandes traditions du monde. L’évêque Jean Kovalevsky m’avait préparée à cela en me disant à la veille de sa mort : « L’anthropologie chrétienne n’est pas encore née et la théologie ne peut plus se contenter de l’enseignement patristique » Cela faisait écho à ce que je lisais alors chez Nicolas Berdiaev. A ce moment-là je préparais l’écriture du Symbolisme du Corps Humain.  J’ai eu très vite l’intuition que toutes les traditions se rejoignaient dans la profondeur.
Les traductions des textes bibliques, comme celles de tous les textes sacrés, n’échappent pas à une certaine trahison (« Traduttore, traditore »). Me plonger dans l’hébreu originel m’a pénétrée d’une toute nouvelle anthropologie : les premiers chapitres de la Genèse font entrer dans quelque chose de totalement nouveau et rejoignent l’enseignement des grands mystiques des autres traditions.  Chacune, avec son génie propre
et ses mythes, apporte un éclairage complémentaire concernant l’Homme et de son chemin de réalisation.  
Au côté des fondements de l’anthropologie occidentale pré-chrétienne, grands philosophes grecs de l’antiquité, tradition juive, il est apparu comme une évidence d’y associer immédiatement la troisième tradition du livre, l’Islam, ainsi que la tradition de l’Inde et celle de la Chine …   

L’hébreu est à la source de votre enseignement ?

Bien évidemment … L’hébreu est une danse des lettres qui, selon ses figures, ouvre sur plusieurs niveaux de lecture.  Le premier niveau de lecture, si l’on s’en contente, peut rendre sourd et conduire à l’absurde.  A quoi suis-je sourde ? … Cette question m’a conduite à tenter de percer le sens.

A qui s’adresse la proposition de l’Institut ?  


Les motivations sont extraordinairement variées. Ce sont des personnes qui cherchent, qui ne se satisfont plus du monde de l’avoir et qui ont simplement le désir d’être. Il y a celles qui sont en révolte contre les institutions religieuses et dont la révolte peut aller parfois  jusqu’à la colère et au rejet de toute tradition.  
 Croyants, pratiquants ou non pratiquants, athées de toutes traditions et de toutes les cultures, se réunissent dans la quête de sens.

Si je vous entends bien, ce n’est pas un enseignement académique … ?

En effet, Il ne s’agit en rien d’un apprentissage universitaire mais d’un parcours expérientiel dans lequel, en vue de l’intégration des enseignements, nous privilégions un équilibre entre temps d’étude, d’échange et de partage, de pratiques corporelles ou artistiques et d’intériorisation. La vocation de ce parcours est bien de contribuer à l’émergence de l’être profond et singulier de chacun en répondant à l’appel biblique du « Va vers Toi » (Gn12, 1).
La connaissance est importante mais elle ne peut rester mentale. Tous les enseignants qui ont choisi de s’engager à nos côtés, incarnent l’enseignement qu’ils transmettent.

Est ce que vous voulez dire que l’enseignement doit être vivant ?


Non, pas seulement vivant mais surtout vécu ! Il s’agit soi-même d’entrer dans la dynamique du chemin. De la même manière les accompagnants bénévoles de l’institut ont suivi les 4 années dpe la formation et sont investis dans le chemin intérieur.

A qui avez-vous confié la responsabilité de l’Institut ?

L’association Arigah a repris la gestion de l’institut.
Créée initialement pour relier tous les groupes travaillant à partir de mon enseignement en France et dans le monde, elle en assure également la transmission dans différents séminaires qui s’inscrivent dans le souffle de cet enseignement.
Par ailleurs, elle organise en Octobre prochain à Angers un premier colloque sur le thème « Qu’est-ce que l’Homme ? pour une nouvelle anthropologie !». Ce sera l’occasion de mettre mon travail en résonance avec de grands mystiques chrétiens tels que Maurice Zundel et Nicolas Berdiaev, d’autres traditions, en l’occurrence l’hindouisme, et d’autres approches notamment celle de Jung. Ce colloque sera ma dernière intervention publique programmée.

Renseignements : contact@arigah.com  site internet : www.arigah.com
https://www.facebook.com/groups/arigah.groupe/


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